samedi 20 septembre 2014

Cours moyen - Dictée N°39 : L'anneau qui rend invisible (2ème partie)









Le roi, vêtu d'une robe de pourpre, d'une magnificence sans pareille, était monté sur un char traîné par des lions, qui semblaient avoir oublié, pour lui obéir et pour lui plaire, leur férocité naturelle. Au sortir d'une forêt, qui conservait sous ses rameaux une éternelle fraîcheur, on arriva dans une prairie qui ressemblait à une corbeille de fleurs vermeilles. Le roi qui se trouvait de bonne humeur ce jour-là, mit pied à terre, et invita ceux qui l'avaient suivi à se livrer au plaisir d'une course de chars. "Si j'avais encore, leur dit-il, mon ancienne vigueur, je prendrais part à vos jeux, mais la vieillesse félonne, qui trompe les perpétuelles espérances des hommes, m'a laissé tout juste assez de force pour accomplir la tâche quotidienne que la royauté m'impose. Que ceux à qui cette jeunesse, que je n'ai plus, hélas ! donne chaque jour une ardeur nouvelle, luttent ensemble d'agilité et d'adresse ; je récompenserai le vainqueur, et je punirai celui dont l'humeur poltronne aura reculé devant le combat et renoncé à la victoire."

Callimaque résolut alors de surprendre toute l'assistance par le moyen de son anneau.




Cours moyen - Dictée N°38 : L'anneau qui rend invisible (1ère partie)




L'anneau qui rend invisible

Une fable antique raconte que, pendant le règne d'un roi célèbre de l'Asie, un jeune homme, simple, honnête, aimable, nommé Callimaque, devint, bien qu'étant de race noble, si misérable et si pauvre, qu'il se vit réduit à la condition d'un humble berger. Se promenant un jour sur une montagne aride, où il rêvait sur ses malheurs en menant son troupeau, il aperçut auprès de lui une ouverture dans un rocher. Il entre ; il se trouve au milieu d'une large caverne, et il entrevoit, dans une lueur sombre, une urne d'or sur laquelle ces mots étaient gravés : "Ici tu trouveras l'anneau qui rend invisible. O homme, qui que tu sois, à qui le destin réserve la faveur de le posséder, garde-toi d'abuser du pouvoir qu'il te donnera."

Callimaque ouvre l'urne, trouve l'anneau et le prend. Il sort de la profonde caverne, et voit de loin le roi, suivi de sa brillante cour, qui passait pour se rendre dans une maison de campagne charmante, sur la rive fleurie d'un fleuve. Callimaque tourne en dedans sa bague enchantée ; il s'approche de quelques esclaves qui précédaient la royale compagnie, et qui portaient des parfums répandant sur tout les chemins où le roi devait passer une fine et délicate odeur. Personne ne l'aperçoit.





Lien : L'anneau de Gygès (Fénelon)



vendredi 19 septembre 2014

Cours Moyen - Dictée N°37 : L'arbre stérile (2ème partie)









L'arbre stérile



Si je plante mon nouvel arbre chez moi, continuait-il, en acquerrai-je donc, hélas ! la possession incontestée ? Mes enfants, en dépit de mes défenses formelles, ou peut-être même à cause de ces défenses, ne se feront-ils pas une maligne joie de prélever une large dîme sur ma future récolte ? Puis, quand bien même le respect de l'autorité paternelle suffirait à les contenir, l'insatiable avidité des valets, maudite et détestable engeance, ne déjouera-t-elle point ma surveillance : quelque active qu'elle puisse être ?"

Ce beau raisonnement décida le paysan à planter son arbre derrière sa grange, dans un endroit inaccessible pour tout le monde, excepté pour lui-même. Mais il n'avait pas réfléchi qu'il mettait le jeune plant à une exposition septentrionale, et qu'il le privait de la bienfaisante influence des rayons du soleil. L'arbre demeura stérile. Comme le paysan s'en plaignait un jour à son frère : "Sache, répliqua celui-ci, qu'en t'abandonnant à ta convoitise avare et soupçonneuse, tu ne recueilleras jamais le fruit de tes calculs étroits et égoïstes."






Cours Moyen - Dictée N°37 : L'arbre stérile (1ère partie)









L'arbre stérile





Par une belle matinée de printemps, un paysan avait endossé ses habits de fête et était venu rendre visite à son frère, excellent jardinier établi à la ville. Nous laissons à penser combien ils furent aises de se revoir après une si longue séparation, et combien leur parurent courtes et fugitives les heures qu'ils eurent à passer ensemble. Ils avaient tant de choses intéressantes à se communiquer ! Les premières ombres de la nuit les surprirent comme la mort vient nous atteindre, avant qu'ils fussent prêts à partir. Enfin, le laboureur songea à regagner ses humbles pénates. On se fit des adieux touchants en se promettant de se revoir bientôt. L'horticulteur fit cadeau à son frère d'un magnifique arbre fruitier, déjà tout couvert de boutons, douce et frêle espérance. "Où le planter ? se dit en lui-même le rusé villageois. Sera-ce sur la colline qui s'étend devant sa métairie ? Il y serait exposé à l'action délétère des vents, aux froids glacials de nos rudes hivers. Le mettrai-je au milieu des champs ? Mais alors de combien de dangers ne sera-t-il pas tous les jours menacé ? Combien de passants peu scrupuleux, alléchés par ses fruits vermeils, s'écarteront du chemin pour les dérober !


mardi 16 septembre 2014

Premières dictées - Dictée N°23 (è=ey)


è = ey








Rémy a un poney gris.





Anatole et Jean jouent au volley.



Maman préfère le thé de Ceylan.





Mon père ira de Genève à Ferney.





Un navire partira pour l'île de Jersey.




Le trolley traverse la ville.






La ville de Rodez se situe dans département l'Aveyron.











dimanche 14 septembre 2014

Cours Moyen - Dictée à corriger N°6

Cette dictée contient 5 fautes d’orthographe grammaticale





Par terre, devant l’âtre, une grosse soupière blanche à ramages rouges et vert s’étalait entre un grand chaudron noir et une paire de botte dont les semelles avait apporter avec elle un assez lourd morceau du chemin boueux. Tout autour, une jonchée de fétus de paille, de pampes de navets et d’autres épluchures.







Dictée corrigée





Par terre, devant l’âtre, une grosse soupière blanche à ramages rouges et verts s’étalait entre un grand chaudron noir et une paire de bottes dont les semelles avaient apporté avec elles un assez lourd morceau du chemin boueux. Tout autour, une jonchée de fétus de paille, de pampes de navets et d’autres épluchures.



mercredi 10 septembre 2014

Cours Moyen - Dictée N°36 : Souvenirs d'enfance (George Sand)




Charles Courtney Curran 






Souvenirs d'enfance



J'ai encore une partie des meubles qui me retracent mon enfance, et même le grand tapis qui nous amusait tant, ma soeur et moi. C'est un tapis Louis XV avec des ornements qui tous avaient un nom et un sens pour nous. Tel rond était une île, telle autre partie du fond était un bras de mer à traverser. Une certaine rosace à flammes pourpre était l'enfer ; de certaines guirlandes figuraient le paradis, et une grande bordure représentant les ananas était la forêt Hercynia. Que de voyages fantastiques, périlleux ou agréables, nous avons faits sur ce vieux tapis avec nos petits pieds ! La vie des enfants est un miroir magique ; ceux qui ne sont pas initiés n'y voient que des objets réels : les initiés y trouvent toutes les riantes images de leur rêves ; mais un jour vient où le talisman perd sa vertu, ou bien la glace se brise et les éclats sont dispersés, comme des débris, pour ne jamais se réunir.


George Sand








Les noms qui ne changent pas au pluriel :

Tapis
Sens
Bras
Paradis
Ananas
Débris

mardi 9 septembre 2014

Premières dictées - Dictée N°22 (le son è = ei)


è = ei











La Seine traverse la capitale.



La Seine a débordé.



La Reine d'Espagne partira dimanche.



Antoine cultive une verveine odorante.



Le seize avril, un navire partira pour la pêche de la baleine.



Rémy reviendra le treize juin.



Madeleine ajoute de l'eau dans la carafe.



La carafe sera pleine.



La soirée est sereine.









Cours Moyen - Dictée N°35 - Le cerf







Le cerf



Le cerf est un animal innocent, doux et tranquille, qui ne semble être fait que pour embellir, animer la verte solitude des forêts, et en occuper, loin de nous, les retraites paisibles. Sa forme élégante et légère, sa taille svelte et fine, ses membres flexibles et nerveux, sa tête parée plutôt qu'armée d'un bois vivant, et qui, comme la cime des arbres, se renouvelle d'année en année, sa grandeur, sa légèreté, sa force, le distinguent assez du reste des animaux que nous appelons sauvages.

Le cerf a l'oeil bon, l'odorat exquis, l'oreille excellente ; il est d'un naturel assez simple, et cependant il est curieux et rusé, surtout quand il a été plusieurs fois poursuivi par les chasseurs. Il a la voix d'autant plus forte et plus grosse, qu'il est plus âgé ; la biche a la voix plus faible et plus courte. 





mardi 26 août 2014

Premières dictées - Dictée N°21









La muraille du jardin a été dégradée par la pluie. 
On la réparera lundi ou mardi.


Papa ouvre la porte du jardin. 


Papa me montre le potager. 
Il y a des tomates, des choux, des poireaux, des salades, des carottes, des radis et des artichauts.


Il y a un escargot sur la salade.



















lundi 25 août 2014

Cours Moyen - Dictée N°34 - L'Ile Graciosa (Açores)












L’Ile Graciosa (Açores)


L’île Graciosa présente de jolies collines un peu renflées dans leurs contours, comme les ellipses d’une amphore étrusque ; elles sont drapées de la verdure des blés ou de l’or des épis, et elles exhalent une odeur fromentacée agréable, particulière aux moissons des Açores. Une abbaye se montre au sommet d’un tertre ; au pied de ce tertre, dans une anse caillouteuse, miroitent les toits rouges de la ville de Santa-Cruz. L’île entière, avec ses découpures de baies et de caps, répète son paysage interverti dans les flots. De hauts rochers verticaux au plan des vagues lui servent de ceinture extérieure. Au fond du tableau, le cône du volcan du Pic, planté sur une coupole de nuages, perce, par-delà Graciosa, la perspective aérienne.


Chateaubriand
















samedi 23 août 2014

Cours Moyen - Dictée N°33 (Les Gascons)








Les Gascons





La Gascogne formait autrefois un seul et même gouvernement avec La Guyenne, dont les habitants sont aussi généralement désignés sous le nom de Gascons, nom par lequel on désigna assez souvent, mais improprement, les Languedociens.

Les Gascons sont célèbres par la vivacité de leur caractère et de leur esprit. La hâblerie, à ce qu'on prétend, ne leur est pas tout à fait étrangère, et l'humilité ne leur convient qu'à demi. Ils comprennent généralement le français, mais ils parlent assez volontiers, surtout dans les campagnes, un dialecte d'une ancienne langue, la langue romane, qu'on parlait à l'époque du moyen âge ; le patois gascon se distingue par la grâce et l'énergie.









Liens : 
- L'esprit Gascon : http://www.lemondededartagnan.fr/SITE/FRA/gascons_sommaire.htm
- Le Monde de D'Artagnan








Les Trois Mousquetaires (Alexandre Dumas)
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mardi 19 août 2014

Cours Moyen - Dictée N°32 - Le laboureur et ses enfants



Jean Pezous




Le laboureur et ses enfants


Un vieux et honnête laboureur, sentant sa mort prochaine, réunit ses fils autour de son lit, et leur tint, à peu près, ce discours : 

« Mes enfants, je sens que mes forces m’abandonnent ; je veux, avant ma fin, vous donner un sage avis : Gardez-vous de vendre jamais le champ que je vous laisse : un trésor y est caché. Quand vous aurez fait la moisson, tournez et retournez le terrain ; défrichez même le petit bois, qui est au bout de notre pièce de luzerne. Assurément vous trouverez un sac de Louis que je sais être enfoui dans l’enclos ».


Ils firent ce que leur père avait dit ; la pioche et la bêche eurent une rude besogne, et il ne ménageaient pas leur bras. Ils ne trouvèrent pas le plus petit écu ; mais, sur le sol remué et travaillé chaque jour, il vint le plus beau blé, le plus beau seigle, la plus belle avoine du monde, et le marché du canton leur rendit en bonne monnaie le prix de leurs peines. Ils comprirent alors toute la valeur des derniers conseils du vieillard, et chaque fois qu’ils allèrent ensuite s’agenouiller devant l’humble croix plantée sur sa tombe, le souvenir de ce qu’il lui devaient leur faisait verser des larmes.