jeudi 8 février 2018

Dictée N°1 - Niveau supérieur






De toutes les forêts de la France, pas une ne peut être comparée pour le pittoresque à celle de Fontainebleau. Qui n'a pas vu ses chênes gigantesques, ses hêtres s'élevant droits et superbes, ses bouleaux et ses trembles, ne peut se faire une idée de la majesté que le temps a imprimée au règne végétal ; je ne me le serais jamais imaginé moi-même. Les arbres que vous avez vus croître dans les bois avoisinant Paris, quelque beaux qu'ils soient, n'en donnent qu'une faible idée, et quand on n'admirerait pas ces rois de la végétation, on devrait encore visiter Fontainebleau, ne fût-ce que pour ses rochers jetés çà et là, menaçants, noirâtres, aux angles aigus, aux crêtes moussues ; ils sont tous en grès primitifs que n'ont jamais altérés les eaux du déluge ; quelques fossiles qu'on y a remarqués s'y sont introduits par les pores de la pierre ; quelques-uns nous ont offert des cristallisations qui nous ont paru fort belles, tout habituées que nous sommes, ma soeur et moi à admirer les beautés naturelles. Ces rochers sont, les uns sur des monticules élevés, les autres sur une surface plane, recouverte d'une terre sablonneuse et calcaire, ou d'un terreau très-propre à la croissance des arbres qui donnent ces essences résineuses, que la pharmacie et la chimie ont toujours recherchées.

Outre les belles futaies, les massifs, les broussailles, les quartz et les calcaires que vous m'avez entendue vanter, nous parlerons de mille autres choses, quels que soient votre indifférence et même votre éloignement pour des objets qui ne se sont jamais offerts à vous qu'en peinture, et que vous vous êtes plu à négliger afin que l'envie ne vous prît pas de voir des sites qui vous sont interdits, au moins pour quelque temps.



Source : gallica - BNF
"Dictées du premier examen de l'hôtel-de-ville"






vendredi 26 janvier 2018

Classe de 5ème - Dictée N°2 - L'hymne au soleil (Edmond Rostand)





Edmond Rostand (1868 - 1918)

Poète et auteur dramatique doué d'une imagination très vive, d'une verve étincelante ; ses oeuvres séduisantes d'esprit et de grâce, remplies d'images chatoyantes et de pittoresque, ont eu un brillant succès (Cyrano de Bergerac, l'Aiglon, Chanceler etc...)






Hymne au soleil
Je t'adore, Soleil ! ô toi dont la lumière, 
Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel, 
Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière, 
Se divise et demeure entière 
Ainsi que l'amour maternel !


Je te chante, et tu peux m'accepter pour ton prêtre, 
Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu 
Et qui choisis, souvent, quand tu veux disparaître, 
L'humble vitre d'une fenêtre 
Pour lancer ton dernier adieu !



Tu fais tourner les tournesols du presbytère, 
Luire le frère d'or que j'ai sur le clocher, 
Et quand, par les tilleuls, tu viens avec mystère, 
Tu fais bouger des ronds par terre 
Si beaux qu'on n'ose plus marcher !



Gloire à toi sur les prés! Gloire à toi dans les vignes ! 
Sois béni parmi l'herbe et contre les portails ! 
Dans les yeux des lézards et sur l'aile des cygnes !
Ô toi qui fais les grandes lignes 
Et qui fais les petits détails!



C'est toi qui, découpant la soeur jumelle et sombre 
Qui se couche et s'allonge au pied de ce qui luit, 
De tout ce qui nous charme as su doubler le nombre, 
A chaque objet donnant une ombre 
Souvent plus charmante que lui !



Je t'adore, Soleil ! Tu mets dans l'air des roses, 
Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson ! 
Tu prends un arbre obscur et tu l'apothéoses ! 
Ô Soleil ! toi sans qui les choses 
Ne seraient que ce qu'elles sont !



Classe de 5ème - Dictée N°1 - L'arbre (Théodore de Banville)




L'arbre


L’arbre est condamné, parce qu’il a grandi tout à fait trop près de la maison, à laquelle il donne de l’humidité. C’est un pin énorme, droit et magnifique, à l’écorce jaunissante, dont les branches sont horizontales comme celles d’un cèdre, et dont la sombre verdure est mêlée de ses pommes encore vertes. Mais il est trop près de la maison, il faut qu’il meure, et voici le bourreau. C’est le père Pédroleau, un bûcheron très vieux, qui ne couche pas dans sa chambre deux fois par an, qui toujours demeure dans la forêt, et lui-même ressemble à un vieil arbre. Depuis cinquante ans, il n’a pas fait autre chose que d’abattre des arbres ; sa pâleur est verte, sa barbe taillée comme celle d’un chef grec devant Ilios a pris des aspects de feuillage et de mousse, et ses yeux résolus, épouvantablement clairs, sont comme les échappées de ciel dans la forêt.

Après avoir marqué de l’œil dans le pré voisin l’endroit où le pin devra tomber, Pédroleau l’attaque à grands coups de cognée, ouvrant des entailles sûres, enlevant les morceaux de chair avec une absolue précision ; l’âme du pin gémit, crie, se plaint horriblement ; mais l’impitoyable vieillard frappe toujours. Bientôt l’arbre s’affole, une dernière fois lève ses bras désespérés, et lancé dans l’air, vient tomber exactement à la place qu’a choisie Pédroleau. Et lui, le vieux, tant de fois mordu et souffleté par les orages, par le vent, par la bise glacée, il est droit comme le grand arbre à la sombre verdure l’était encore tout à l’heure, et comme lui, il attend, les pieds agrafés au sol, le fatal instant, l’autre Bûcheron, et l’inévitable cognée.






Théodore de Banville






Théodore de Banville (1823 - 1891)

Poète de l'école dite parnassienne, aux vers riches de forme parfaite ; il est auteur d'un "Traité de la poésie française".

dimanche 21 janvier 2018

Cours Moyen - Dictée N° 86 - Le travail du paysan (G. Maurière)


Julien Dupré





Le travail du paysan


L’homme des champs travaille comme l’artiste. Son oeuvre, c’est cette belle vigne aux longues lignes d’un vert sombre qui escaladent les pentes en un ordre parfait ; c’est ce seigle plantureux dont les vagues frappent comme une marée le pied des coteaux ; c’est ce qu’il faut agrandir ; ce sol qu’il est nécessaire d’émietter ; ce domaine dont il convient d’augmenter la prospérité : oeuvre qui n’est jamais finie, à laquelle une existence ne suffit pas. Nul ne commande le travail à l’homme des champs ; c’est peut être pour cela qu'il travaille toujours.


G. Maurière





samedi 20 janvier 2018

Cours élémentaire - Dictée de mots (révision : ge - gi - gel - geo)



ge - gi - gea - geo






Il faut mettre un "e" après le "g" devant "a-o-u"
pour obtenir les sons "ja-jo-ju".

Exemples : un dirigeable - un plongeon





Tous les mots commençant par le son "gi" 
s'écrivent avec un "g".

Exemple : le gigot.















Dictée de mots



un dirigeable

une orangeade

rougeâtre

un villageois

le gigot

la mangeoire

la nageoire

un bourgeois

la rougeole

la girouette

un pigeon

un plongeon

une gibecière

le badigeon

une giroflée

la girafe

le givre

la gitane

le gisement

la giboulée

le gibier

le gilet

une gifle

le gîte


















Cours Moyen/6ème - Dictée N°4 - Je veux être marin (Edouard Peisson)








Je veux être marin




Nous n'avions aucun souci de savoir comment nous deviendrions marins ou plutôt comment nous deviendrions capitaines marins. Car nous serions capitaines marins. Mieux, déjà nous l'étions.

Cela semblait une chose entendue entre Claude et moi. Sans scrupule, nous passions par dessus les années d'études et les années d'apprentissage. Sitôt franchie la haute porte de fer du collège, nous serions les maîtres d'un navire. Mais quel navire ?

Nous ne voulions pas d'un "vapeur". Il nous fallait un voilier et un voilier fait à la mesure de notre rêve, un voilier fait par nous et pour nous.

L'heureux âge ! Pas une fois nous n'avons pensé à l'argent. Pas une fois Claude ni moi n'avons dit : "Il faudrait de l'argent". Nous avions écarté toutes les difficultés.


Edouard Peisson






vendredi 22 décembre 2017

Cours Moyen/6ème - Dictée N°3 - Prière pour la paix (Buffon)


Hubert Salentin





Prière pour la paix


Grand Dieu, qui, par ta seule présence, soutiens la nature et maintiens l'harmonie des lois de l'univers, toi qui, du trône immobile de l'empyrée, vois rouler sous tes pieds, sans choc et sans confusion, toutes les sphères célestes ; qui, seul, régis, dans une paix profonde, ce nombre infini de cieux et de mondes, rends, rends enfin le calme à la terre agitée ! qu'à ta voix la discorde et la guerre cessent de faire retentir leurs clameurs orgueilleuses.

Dieu de bonté, auteur de toutes choses, de tes regards paternels tu embrasses tous les êtres que tu as créés ; mais l'homme est ton être de choix ; tu lui as donné une âme que tu as éclairée d'un rayon de ta lumière immortelle ; mets le comble à tes bienfaits : pénètre son coeur d'un trait de ton amour ; fais qu'il n'immole plus son semblable, désarme son bras, et agrée le tribut de sa sincère reconnaissance.








empyrée :  nom masculin






jeudi 21 décembre 2017

Cours élémentaire - Dictée N°23 (emploi de l'"e" après le "g")

Emploi de l'e après le g



Devant e, i, la lettre g se prononce comme j.

Pour donner à la lettre g la prononciation de j devant a, o, u, on la fait suivre de l'e muet.



(Georges, pigeon, geai, plongeon, gageure, bourgeon, cageot, nageoire, bougeoir, orangeade, mangeoire,.... )






Geai




Le geai est un oiseau moins gros que le pigeon.









Le plongeon est aussi un oiseau, mais aquatique, c'est-à-dire qui peut vivre dans l'eau.







Ne jugeons le prochain qu'avec indulgence, ou plutôt ne le jugeons point.






Si je mangeais avec excès, je nuirais à ma santé.










mardi 19 décembre 2017

Cours Moyen/6ème - Dictée N°2 - La neige (Raymonde Vincent)





La neige


La neige commença à voltiger dans l'air sec. D'abord en tout petits flocons légers qui, si on les suivait du regard, se contentaient de voleter dans l'espace sans jamais tomber jusqu'à terre. Mais, peu à peu, l'atmosphère se ramollit et il neigea pour de bon. Les enfants, fous de joie, se mirent à courir autour de la maison dans les champs, jusque dans la forêt même, où la neige passait silencieuse à travers les branches ; mais le soir vint et lorsque la nuit approcha, il fallut rentrer.

Alors, ils traînèrent leurs chaises près de la fenêtre, et, grimpés dessus, ils regardèrent, à travers la vitre, la cour se transformer peu à peu. Le jardin, les arbres, la pompe, le bassin, la brouette, tout cela prenait des formes bizarres. A la longue, l'ensemble finit par ressembler à un paysage enchanté.


Raymonde Vincent





Cours Elémentaire - Dictée N°22 (emploi de la cédille)

Emploi de la cédille




François a reçu une lettre.


A la fin de l'hiver, les glaces se rompent et les rivières charrient des glaçons.


Les maçons ont terminé la façade de la caserne.






Devant a, o, u 
le c prend la cédille lorsqu'il doit se prononcer comme l's.



François

Françoise

française

façade

déçu

deçà

conçu

perçu

aperçu

ponçage

perçage

garçon

glaçon

façon

caleçon

maçon

poinçon

limaçon.....












lundi 18 décembre 2017

Cours Elémentaire - Dictée N°21 (emploi de l'accent circonflexe sur l'e)



Emploi de l'accent circonflexe sur l'e

"ê"








Le chêne est plus majestueux que le hêtre, le frêne et le sapin : aussi on l'appelle le roi des forêts.






Un hêtre








un frêne







une guêpe



Une guêpe, entrée par la fenêtre, voltige au-dessus de nos têtes.








dimanche 17 décembre 2017

Cours élémentaire - Dictée N°20





L'hiver est venu.

La fauvette ne chante pas.

Aucun oiseau ne fait entendre son ramage.

Où le rossignol est-il maintenant ?


la fauvette








le rossignol





Cours Moyen/6ème - Dictée N°1 - Pensées d'automne (Anatole France)






Pensées d'automne

La pluie froide et tranquille, qui tombe lentement du ciel gris, frappe mes vitres à petits coups comme pour m'appeler : elle ne fait qu'un bruit léger, et pourtant la chute de chaque goutte retentit tristement dans mon coeur. Tandis qu'assis au foyer, les pieds sur les chenets, je sèche à un feu de sarments la boue salubre du chemin et du sillon, la pluie monotone retient ma pensée dans une rêverie mélancolique et je songe. Il faut partir... Je quitte avec peine les bois et les vignes. Je regrette la charmille où je me promenais en lisant des vers, le petit bois qui chantait au moindre vent, le grand chêne dans le pré où paissaient les vaches, les saules creux au bord du ruisseau, le chemin dans les vignes au bout duquel se levait la lune ; je regrette ce maternel manteau de feuillage et de ciel dans lequel on endort si bien tous les maux.



Anatole France